Les menstruations font partie de la vie de la moitié de la population. Pourtant, encore aujourd’hui, trop de femmes doivent composer avec des choix difficiles en raison du coût élevé des produits menstruels. Pour certaines, acheter des serviettes ou des tampons signifie de couper dans une dépense essentielle comme la nourriture ou le logement. Pour d’autres, l’accès aux produits menstruels est limité en raison de leur situation financière ou de leur milieu de vie.
La précarité menstruelle est un enjeu de santé publique, mais aussi de justice sociale. Elle touche particulièrement les personnes vulnérables et renforce les inégalités. Briser le tabou, sensibiliser et agir sont des éléments essentiels pour garantir à toutes et tous un accès facile aux produits menstruels.
Qu’est-ce que la précarité menstruelle?
La précarité menstruelle désigne la difficulté, voire l’impossibilité, à accéder à des produits menstruels en raison d’un manque de ressources financières, que ce soit de façon régulière ou occasionnelle. Cela inclut également l’accès limité à d’autres produits essentiels liés aux menstruations, comme les antidouleurs, les sous-vêtements ou encore les draps tachés qui doivent être remplacés.
Qui est touché par la précarité menstruelle?
À l’échelle mondiale, une femme sur dix est confrontée à la précarité menstruelle. Plusieurs facteurs en sont la cause, notamment la pauvreté, le manque d’accès aux infrastructures (eau potable, sanitaires), l’itinérance, et bien d’autres.
Certaines populations sont particulièrement à risque, notamment :
- Les étudiant·es
- Les femmes monoparentales
- Les femmes immigrantes
- Les membres des communautés autochtones
- Les femmes vivant avec des incapacités
- Les femmes peu scolarisées
- Les femmes incarcérées
De plus, celles vivant en milieu rural ou en région éloignée font face à des coûts beaucoup plus élevés pour se procurer des produits menstruels, parfois jusqu’à deux fois plus chers que dans les grands centres urbains.
Quelles sont les conséquences de la précarité menstruelle?
Le manque d’accès aux produits menstruels peut entraîner des choix déchirants, comme devoir décider de prioriser l’achat de nourriture ou de protections menstruelles.
Un sondage pancanadien révèle que :
- 34 % des Québécois·es interrogé·es ont dû sacrifier une autre dépense (loyer, loisirs, vêtements, etc.) pour acheter des produits menstruels.
- 27 % ont vécu cette situation occasionnellement.
- 8 % y sont confronté·es de manière régulière.
D’autres conséquences préoccupantes incluent l’utilisation de produits inappropriés (papier de toilette, tissus, chaussettes, papier journal…) ou encore le port prolongé du produit, au-delà du temps recommandé. Ces pratiques augmentent les risques d’irritations, d’infections et même de choc toxique, une complication potentiellement grave.
Comment faire changer les choses?
La précarité menstruelle est un problème qui peut être atténué par des actions collectives et individuelles. Voici quelques pistes de solutions :
- Encourager les discussions sur la précarité menstruelle pour briser les tabous.
- Demander aux gouvernements d’adopter des politiques garantissant un accès gratuit aux protections hygiéniques dans les écoles, les maisons d’hébergement et les établissements publics.
- Soutenir ou organiser des collectes de produits menstruels pour les redistribuer aux personnes dans le besoin.
- Encourager les entreprises et commerces locaux à mettre en place des points d’accès gratuits.
- Intégrer l’éducation menstruelle dans les écoles pour informer sur les cycles menstruels, l’hygiène et les alternatives disponibles (serviettes lavables, coupes menstruelles, etc.).
- Réduire les taxes et coûts des produits menstruels pour les rendre plus abordables.
- S’inspirer des initiatives internationales qui rendent ces produits gratuits, comme en Écosse, où l’accès aux protections menstruelles est garanti par l’État.
- Implanter des distributeurs gratuits dans les lieux publics, comme les toilettes des universités, des maisons d’hébergement et des centres communautaires.
La précarité menstruelle est une réalité qui touche encore trop de femmes. L’accès aux produits menstruels ne devrait jamais être un luxe, mais un droit fondamental. En sensibilisant, en brisant les tabous et en mettant en place des solutions concrètes, nous pouvons faire une réelle différence.
Chacun·e peut contribuer à ce changement, que ce soit en soutenant des initiatives locales, en encourageant l’accès gratuit aux protections hygiéniques ou en demandant des actions gouvernementales. Ensemble, faisons en sorte que personne n’ait à choisir entre sa dignité et ses besoins essentiels.
À SOS Grossesse Estrie, nous offrons des coupes menstruelles et du savon pour celles-ci gratuitement. Nous avons également créé une liste des villes et MRC estriennes qui offrent une subvention pour l’achat de produits menstruels réutilisables.