Les tendances ont souvent joué un rôle important dans la façon dont les comportements humains évoluent. Aujourd’hui, ce phénomène s’intensifie avec les mouvements d’opinion et les Trends qui s’installent rapidement dans les fils d’actualité (For You Page) sur les plateformes comme TikTok et Instagram. Certaines tendances invitent à revoir des habitudes de consommation, alors que d’autres touchent à des sujets plus sensibles, comme la santé.
Depuis quelque temps, un courant de pensée autour du « retour au naturel » prend de l’ampleur, notamment en ce qui concerne les contraceptifs hormonaux. De plus en plus de femmes semblent remettre en question les impacts de leur méthode sur leur corps. On entend : « Je ne me connais pas sans la pilule » « Je veux arrêter pour voir qui je suis vraiment », « J’ai arrêté la pilule et ça a changé ma vie », ou même « J’arrête la pilule, car je ne crois pas que c’est bon pour moi ». Ces messages reflètent un besoin légitime de reconnecter à son corps et son cycle naturel. Cependant, ils peuvent également inciter son audience à se mettre à risque de vivre une grossesse imprévue en cessant l’utilisation de leur contraception.
Cela amène à se questionner si cette tendance « trend » serait associée à des visions plus conservatrices ou traditionalistes, qui connaissent elles aussi un regain de popularité dans les tendances actuelles. Cependant, ces mouvements peuvent indirectement, ou même parfois directement, remettre en question les droits fondamentaux des femmes, en l’occurrence ceux liés à la santé reproductive.
Le choix de cesser ou de changer de méthode contraceptive est tout à fait valide lorsqu’il est éclairé et basé sur de l’information juste. Cependant, les discours qui circulent sur les plateformes sont trop souvent simplistes et peu nuancés. La contraception hormonale, particulièrement la pilule, semble être de plus en plus dépeinte de façon négative, voire tenue responsable de nombreux problèmes de santé alors que ce n’est pas toujours le cas. Le message sous-jacent repose souvent sur l’idée que le naturel est bon, et donc tout le reste est forcément mauvais, comme les hormones synthétiques. Cette croyance simplifie une réalité bien plus nuancée et peut parfois mener à des choix risqués.
Rappelons que plusieurs femmes commencent à utiliser la contraception hormonale à l’adolescence, une période où le corps change naturellement et où l’identité se développe. Il est tout à fait normal, à cette période, que des changements occurrent et ils ne sont pas nécessairement liés à la méthode utilisée. Bien sûr, comme tout traitement médical, les contraceptifs hormonaux peuvent ne pas convenir à tout le monde. En cas d’effets secondaires importants ou de préoccupations sur les effets à long terme, il est toujours préférable de consulter un·e professionnel·le de la santé afin d’explorer d’autres options mieux adaptées. Cependant, les effets secondaires diminuent ou disparaissent généralement trois mois suivant le début de la prise.
Lorsqu’on souhaite interrompre ou cesser l’utilisation de sa méthode de contraception, il est important de s’informer sur les autres méthodes disponibles, spécialement si l’on souhaite prévenir les grossesses. Par exemple, le stérilet de cuivre ou les condoms pourraient protéger des grossesses sans porter d’influence sur le cycle hormonal, en plus de protéger contre les ITSS dans le cas du condom. D’ailleurs, l’organisme Seréna Québec est reconnu pour son expertise en méthodes naturelles de contraception. Il s’agit donc d’une ressource pertinente pour toute personne souhaitant en savoir davantage sur ces approches.
Il va sans dire qu’il est essentiel de rester vigilant·e face à la façon dont l’information circule, particulièrement sur des plateformes comme TikTok ou Instagram, où les conseils santé sont très rarement basés sur des données scientifiques ou des recommandations médicales.
En vérité, on ne devrait pas avoir à choisir entre naturel et sécuritaire. Prendre soin de sa santé sexuelle, c’est avant tout choisir ce qui nous fait du bien, en toute confiance. Lorsqu’il s’agit de contraception, l’accès à l’information fiable et non culpabilisante est fondamental. De plus, prendre des décisions sur sa santé sexuelle ne devrait jamais être influencé par une tendance ou une pression sociale. Ainsi, avant de mettre une pause ou un terme à une méthode hormonale, un échange avec un·e professionnel·le de la santé s’impose afin de poser ses questions, déconstruire les idées populaires, mais surtout, trouver une contraception alternative, adaptée et respectueuse du bien-être global.
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L’inclusion de tous les genres et des personnes issues de la diversité sexuelle est une valeur fondamentale chez SOS Grossesse Estrie. Le terme femme inclut toute personne qui se reconnaît comme femme ainsi que toute personne ayant un utérus ou pouvant vivre une grossesse, peu importe son identité ou son expression de genre.